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LES CRUS DE POMME A CIDRE EN BRETAGNE Dans une grande partie de la Bretagne, jusquen 1950-1960, les pommiers à cidre faisaient partie de la valeur de la terre, le locataire devait remplacer les arbres disparus. Même si le cidre était répandu dans toute la Bretagne, il nétait pas le même partout. Son goût dépendait de la qualité du sol, du pommage utilisé, des habitudes de brassage et des consommateurs. Les premiers cidres qui arrivaient sur le marché, début octobre, provenaient de la région de Dol. Les agriculteurs du marais ont encore gardé cette habitude de ramasser tôt en saison leurs pommes. Cétaient des cidres doux, acidulés, agréables à boire mais de faible conservation. La pomme de base était le ROUGET DE DOL le plus primé, le ROUGET BLANC, grosse pomme à deux fins. Elle était aussi cueillie et vendue comme pomme à couteau, notamment sur lAngleterre et lAllemagne. LIlle-et-Vilaine fut longtemps le premier département producteur de pommes à cidre de France et lensemble des Bassins de Rennes et de Vitré reste toujours une région de très forte production. Les cidres y sont en général légers, acidulés, peu alcoolisés et bien bouquetés. Les divers pommages contiennent de nombreuses variétés acidulées : BEDAN ROUGE AIGRE, MARGUERITE, GILET ROUGE (qui donne un jus abondant, parfumé, agréable)... Auparavant, cette région exportait une partie de ses pommes sur lAllemagne qui recherchait pour ses jus de fruit des variétés acidulées. Lautre partie était "pilée" sur place et le cidre vendu en ville. Les citadins préféraient une boisson au goût acidulé, sucrée et pas trop alcoolisée. La sélection a porté sur ces pommages. Plus on va vers louest, plus les crus sont amers et moins il a de pommes acidulées dans les mélanges. La région de Vannes fait exception avec son pommage à base de GUILLEVIC, variété qui peut faire son cidre seul, un cidre doux, acidulé, bien parfumé et moyennement alcoolisé. il existe de nombreux clones de GUILLEVIC, mais la sélection porte actuellement sur ceux qui sont plus acidulés. En sud-Finistère, le GUILLEVIC se retrouve dans les pommages de Quimperlé, mélangé aux variétés amères du Clohars-Carnouët, de Moëlan-sur-Mer, du Pays Bigouden et de Fouesnant (Le meilleur des cidres célébré par Frédéric Le Guyader à la fin du siècle dernier). Ces derniers crus se distinguent par leur coloration foncée et par lamertume de leur cidre due au terroir et aux variétés locales comme le C'HUERO BRIZ, le CHUERO RU, KERMERRIEN Le nord-Finistère cultivait peu de pommiers et importait une grande partie de ses fruits à cidre de lest des Côtes-dArmor : Dinan, Plancoët, Matignon... Le Bassin de Fougères produisait beaucoup de pommes mais n'a pas donné de cru bien typé. NOTE: l'association a édité au printemps 2000 une brochure sur les pommes à cidre bretonnes. |