Nous relatons dans le texte ci-dessous l'expérience pédagogique intéressante intitulée "Au nom de la pomme" du lycée "La Providence" de St Malo (35). La preuve qu'élèves, enseignants et parents peuvent se retrouver autour d'un projet fédérateur et riche d'apprentissages.

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" Au nom de la pomme "

une expérience pédagogique originale

    Pour la rentrée 2001-2002, Joël Vettier, directeur adjoint de l’institution « La Providence », Intra Muros, à Saint Malo a voulu innover et donner aux élèves de la classe de 4ème technologique des moyens appropriés pour réussir pleinement leur scolarité tout en assimilant des bases éducatives afin d’apprendre à vivre en société.

    Pour ce faire, la direction de I’établissement et les enseignants ont fait preuve d’imagination en élaborant un projet original à partir de la cueillette des pommes. « Au Vivier sur Mer. Jean-Baptiste Vettier a bien voulu mettre à notre disposition un verger de 60 pommiers. Ce qui nous permis de réaliser, à partir de là, tout à la fois nos objectifs pédagogiques, éducatifs et économiques ».

    Cela n’a pas été aussi simple qu’il y parait car une telle opération nécessite une solide organisation ainsi que des moyens matériels et humains. Le professeur principal, Monique Guérin, a été un chef d’orchestre apprécié pour les 26 élèves concernés, de 14 à 16 ans, dont neuf filles.

    Jeudi 27 et le vendredi 28 octobre 2001, tous se sont retrouvés à pied d’œuvre, dans une joyeuse ambiance pour deux jours de cueillette sur le terrain vivarais.

    Christine Monteiro, chargée de l’éducation sociale et familiale, Geneviève Geslin, professeur d’histoire, Gwénola Cotel (Lettres et Anglais), Christian Ferret (Education Physique) et Marie-Armelle Chérel, documentaliste, ont également prêté main forte sous le soleil. « Nous avons bénéficié d’un temps idéal, ce qui a grandement facilité le ramassage. Tout le monde a retroussé ses manches sans rechigner.».

Les parents sollicités

    Du même coup, avec la collaboration active des enseignants des diverses disciplines, les élèves découvrent par eux-mêmes le fonctionnement d’une entreprise. Ils ont tout naturellement intitulé la leur « Au nom de la Pomme ». Dès la rentrée, les parents ont été sollicités pour apporter leur aide, soit pour contribuer à l’encadrement, soit prêter des échelles ou assurer le transport sur le lieu de travail. « Des tabliers ont été confectionnés tout exprès pour récolter les pommes à la branche... ».

    Tout le monde s’est finalement pris au jeu. Les élèves se chargent par eux-mêmes de l’organisation des opérations et de la valorisation des produits. « Ils versent un loyer au propriétaire du verger et suivent de près l’évolution de leur budget », sans oublier de se soucier de la communication, de la gestion ou de la commercialisation des pommes.

« Les pomme à terre sont envoyées à une distillerie. Les autres sont vendues au détail en évitant de faire concurrence au commerce local… ».

    Pour les enseignants, les retombées pédagogiques de cette actionne sont pas négligeables. Avec, déjà, la création d’un centre d’intérêt fédérateur entre les diverses disciplines à partir de la pomme et des traditions qui y sont liées: « Selon les saisons le contact avec la nature sera maintenu avec quelques visites au verger... »

    L’apprentissage de la vie en société constitue aussi un objectif important: «A travers cette expérience concrète de travail, en commun, les élèves apprennent ce qu’est la relation à l’autre, avec notamment des règles d’hygiène, une organisation et des efforts physiques qu’il faut savoir gérer... ».

    Parmi les retombées positives, les élèves voient leurs enseignants d’un autre oeil en cherchant avec eux au travers de ce projet à valoriser la pomme: « Une dynamique de groupe s’est créée. Elle permet à tous et à chacun de s’y sentir bien et de progresser dans le domaine scolaire et éducatif».

    Les élèves se rendent compte aussi que la réussite économique ne va pas de soi. « Ils doivent se prendre en charge par eux-mêmes pour pouvoir ensuite être aidés. Ils découvrent que la valeur de l’argent est associée à la quantité de travail fourni et non pas au seul désir de vouloir satisfaire des désirs personnels ». Etre toujours assisté ne rend donc pas nécessairement service.

    Maintenant que tous sont dans le bain et qu’une cagnotte est en train de se constituer par la vente des pommes en cogestion avec les enseignants, personne n’entend s’arrêter en si bon chemin. Beaucoup de projets sont déjà en cours: participation au concours « Une entreprise dans votre lycée », organisé conjointement par le Rectorat et le Conseil Régional, animations autour de tartes aux pommes et pommes cuites, participation à la fête de la pomme de Quévert à la Toussaint: « Nous avons voulu créer cet événement afin de vivre intensément quelque chose ensemble. Déjà les relations ne sont plus comme avant... ».

(d'après l'article de Jean-Yves Hirel. Le Pays malouin 4 octobre 2001)